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http://www.lefigaro.fr/emploi/2010/09/10/01010-20100910ARTFIG00551-cinq-suicides-en-quinze-jours-chez-france-telecom.php
Comme pratiquement à chaque fois que la situation d'un suicide (chez France Télécom ou ailleurs) se reproduit, mêmes analyses, mêmes non conclusions. Les articles sont toujours écrits en 2 parties:
_ une partie comptable, où on s'essaie de faire le bilan numérique et en termes de liens avec le travail
_ une partie de recherche de responsables, et de bilan des mesures qui ont été prises depuis le drame précédent
Et une autre caractéristique commune à tous ces articles est leur inutilité. Pourquoi les suicides continuent? Pourquoi les mesures prises n'ont pas abouti?
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La recherche de la "rationalité facile" à tout prix
Nous sommes envahis par les indicateurs. Et par une logique- très souvent contestable - qui nous est assénée à plus forte raison que les gens acceptent généralement les explications quon leur donne...
Donc:
_ on compte, on met en place des indicateurs (de performance, de nombre...)
_ on analyse les résultats
_ on en tire des conséquences, vraissemblablement à courte vue ou à courte échéance
Ainsi, mon dernier entretien annuel s'est-il résumé à une série de "+" et de "-" saisis dans une improbable base de données pour en sortir un bilan de "+" et de "-", et tenter d'en sortir une ligne directrice. Cela m'amène au second point.
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La non recherche des vraies causes
Personne après mon entretien annuel n'a été capable -et encore moins n'en a eu envie - de vraiment comprendre ce qui allait ou n'allait pas. La disparition progressive des relations humaines en particulier sur le lieu de travail amène à une non compréhension des réactions des uns et des autres, une disparition de la solidarité, et donc l'abandon des personnes en situation de détresse.
Lorsque j'entends parler des perspectives d'avenir chez France Télécom, il n'est question que des perspectives économiques. Les perspectives en termes de développement humain? Dans une entreprise qui a subi la privatisation, le mélange incongru entre compétences et postes (des intervenants de terrain devenus informaticiens, des informaticiens devenus vendeurs...), la compétition à outrance, qui est extrêmement politisée ou devrait-on dire utilisée à des fins personnelles par certaines hiérarchies sans scrupules, il n'est pas étonnant que la désespérance règne. Qui donc osera un jour creuser le sujet jusqu'au bout et ne pas s'arrêter à des mesures vaguement compensatoires?
Et pour conclure: est-ce que France Télécom ne serait pas finalement un reflet du pays?
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